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Foot+Art Déco, c’est où? A l’Union!
Written by RUSG    Saturday, 28 January 2012 14:54    PDF Print E-mail
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En trois générations, plus exactement depuis son inauguration en 1926, des centaines de milliers de supporters se sont pressés aux entrées du stade de l’Union et ont longé sa façade.

La plupart l’ont sans doute trouvée trop longue à leur goût et n’ont pas prêté attention à son architecture. Elle mérite pourtant qu’on  s’y arrête un moment. C’est ce que nous vous proposons de faire maintenant.


Aucun (vrai) supporter n’ignore que l’Union détient le record encore inégalé de 60 matches sans défaite. Beaucoup par contre ignorent que notre cher club a d’autres « premières » belges, voire internationales.

A notre connaissance, le stade de l’Union fut le premier de Belgique à bénéficier d’un éclairage électrique permettant des prestations le soir (à l’époque, le foot côtoyait l’athlétisme). Mais il est aussi le premier et vraisemblablement le seul à l’ architecture Art-Déco.


C’est le 29 août 1926 que le nouveau stade de l’Union a été inauguré. Et il l’aurait été bien plus tôt sans un bras de fer entre les dirigeants de l’Union et l’administration communale de Forest.

Il faut savoir que le stade de l’Union Saint Gilloise avec sa fameuse butte se situe …à Forest (et que l’autre butte, plus connue (?) celle du Lion de Waterloo, est sur Braine l’Alleud).

Ce qui n’est pas sans conséquence : à l’époque, le président de l’Union, J. Mariën et L. Wielemans, échevin puis bourgmestre de Forest (mais aussi propriétaire de la brasserie qui portait son nom et produisait la  Wiels, aussi célèbre à l’époque que la Jup ou la Stella) se disputaient le droit de construire au Parc Duden sur un terrain appartenant à la Donation Royale, l’un, le futur stade, l’autre, l’hôtel de ville.

Quand il eut les mains libres, J. Mariën entreprit de longues et difficiles négociations avec la Donation Royale. Il fallait augmenter la capacité d’accueil grâce à des gradins supplémentaires  mais aussi moderniser les installations du stade et lui donner une nouvelle tribune spacieuse et fonctionnelle. Bref, disposer d’ un stade prestigieux, à la hauteur des ambitions sportives.

Les principaux maîtres d’œuvre seront bruxellois.

Albert Callewaert comme architecte,  Gillion comme entrepreneur et Oscar De Clerck pour la décoration, un jeune artiste qui devait devenir un des maîtres du style en vogue à l’époque, en réaction à l’Art Nouveau de Horta par exemple. Son style, caractérisé par des lignes géométriques, sera dénommé plus tard, Art Déco.

Il est l’auteur des sept panneaux sculptés (disons des bas-reliefs) ornant la façade du stade et qui évoquent les deux disciplines dans lesquelles l’Union se distinguait : l’athlétisme et le football. Ces œuvres font partie de ses pièces de jeunesse. Elle valent mieux qu’un regard distrait. La prochaine fois que vous passerez devant elles, attardez-vous quelques instants. Vous découvrirez une expression typique de l’Art Déco, et vous apprécierez peut-être les goûts modernistes de nos dirigeants de l’époque.


Oscar De Clerck avait son atelier et habitait au 175 rue de la Cambre, à Woluwe-Saint-Pierre. D’inspiration Art Déco bien entendu, son atelier toujours existant est dorénavant répertorié à l’inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale, comme l’est la façade du stade Mariën.

Vous désirez mieux connaître l’artiste ? Alors voici quelques informations supplémentaires.

Né en 1892 à Oostende (5 ans avant la création de l’Union) et décédé en 1968 (3 ans après la chute de l’Union en D2) il fut donc par hasard un contemporain des années fastes du club. Mais ses préoccupations n’étaient pas sportives. C’ était un artiste résolu à vivre de son travail.  Il est l’auteur de sculptures monumentales, mais fut un peu « touche à tout », il réalisa notamment des  bustes de personnalités célèbres, des pièces en faïence et en céramique, ainsi que des médailles commémoratives. La première guerre mondiale l’avait conduit en Angleterre et aux USA. Sa renommée le conduira à travailler à la décoration  de plusieurs pavillons d’expositions internationales dans les années 30 : à Paris, New-York et Lille notamment. On trouve ses œuvres dans plusieurs musées dont le Palais des Beaux Arts et il en vient assez régulièrement en vente publique tant en Belgique qu’à l’étranger (Sotheby’s par exemple) mais leur relative diversité et rareté rend leur évaluation difficile. (photos: sculpturepublique.be)

 

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